Zone d’intervention

Sud-est de la France.
Région PACA.soleil

L'étanchéité à l'air est l'affaire de tous


L’étanchéité à l’air est une œuvre collective qui nécessite la coordination de tous les corps d’état. Elle impose une concertation très en amont, déjà au niveau des instances professionnelles, lors de la rédaction des textes, pour déterminer les tâches de chacun sur le chantier. Il faut ensuite, dès la conception, concevoir la mise en œuvre pour atteindre le niveau imposé par le Bureau d’étude thermique.
Les moindres détails du bâti doivent être prévus et réalisés dans le respect des règles de l’art. L’étanchéité à l’air n’est pas sous l’unique responsabilité du dernier intervenant sur le chantier. Chaque détail contribue à atteindre l’objectif fixé et chaque métier doit contrôler la qualité d’exécution de ses interventions, respecter le travail réalisé et éviter toute dégradation. Lorsqu’elles sont dues à une mauvaise conception ou à un manque de liaison entre des éléments, les infiltrations sont souvent difficiles à combler. Celles dues à une mauvaise mise en œuvre peuvent être plus facilement reprises, à condition d’être détectées suffisamment tôt.
C’est pourquoi le contrôle de la perméabilité devrait être fait à plusieurs étapes avant la fin du chantier. Enfin, lorsque le résultat est atteint, que la maison répond aux exigences, il est important d’informer les occupants des solutions techniques retenues afin qu’ils ne les dégradent pas et que la maison reste étanche à l’air toute sa vie.


Améliorer l’étanchéité à l’air du bâti


Les parois ouvertes : les toitures


permeabilite_airLes parois ouvertes sont responsables d’infiltrations d’air qui occasionnent de fortes déperditions thermiques. En toiture, une membrane d’étanchéité s’impose désormais, que les combles soient aménagés ou perdus. Indépendante de l’isolant, continue et jointive, elle s’oppose au passage de l’air.
La membrane d’étanchéité se pose à l’intérieur de la maison et sur la face interne de l’isolant (côté chauffé) pour éviter le transfert d’humidité dans la paroi et sa condensation en partie froide. Dans tous les cas, les lés doivent toujours se recouvrir de 10cm et être fixés par un adhésif préconisé par le fabricant. En prériphérie, la membrane doit recouvrir largement les jonctions avec les murs et être fixée au mastic ou à l’adhésif double face.


Exemple de technique de pose


Pour résister à la fois à l’épreuve du chantier et maintenir les performances dans le temps, Isover a mis au point un système complet sous avis technique. Celui-ci garantit la pérennité des performances et permet au poseur de bénéficier de la garantie décennale dès lors que la pose est faite selon les recommandations du fabricant. La nouvelle suspente « Intégra 2 » permet d’embrocher l’isolant, puis de  fixer la membrane d’étanchéité et enfin de fixer les rails pour les plaques de plâtre tout en ménageant un espace  technique de 2cm. Cet espace joint à la déformabilité de la membrane fixée par points, permet les intégrations de pieuvres, boitiers DCL pour les suspensions jusqu’à 8/10cm. La membrane n’est jamais en contact direct avec la plaque de plâtre, afin d’éviter qu’à l’usage, elle ne soit endommagée par des percements.


Les parois ouvertes : les murs


La membrane d’étanchéité est obligatoire en mur ossature bois. L’espace technique, indispensable pour permettre la fixation d’objet, ne peut être réalisé que par un montage en double ossature. La membrane, posée côté intérieur de la maison sur l’isolant, est fixée sur l’ossature primaire. Elle doit être continue, sans fissure ni percement.  Les raccords se font par bandes adhésives conçues pour cette utilisation. Une ossature secondaire métallique ou en bois, placée devant la membrane, recoit les plaques de plâtres. En tête et pied de mur, ainsi qu’en périphérie, un joint d’étanchéité est réalisé en mastic. Il est recouvert par la membrane qui doit déborder largement.


Murs maçonnés


Les murs maçonnés sont a priori étanches à l’air si le jointoiement est fait correctement. Pour garantir une parfaite étanchéité, ils peuvent être enduits en intérieur. En fonction de la réception du support, une membrane d’étanchéité peut-être posée. En isolation répartie ou en isolation par l’extérieur, sans isolation rapportée par l’intérieur outre l’enduit extérieur, l’étanchéité est obtenue par l’enduit intérieur qui doit couvrir toutes les surfaces visibles ou non. Les surfaces destinées à être recouvertes d’un habillage de plaque de plâtre doivent également être enduites. Les cheminées reçoivent un enduit sur les quatres côtés.


Les liaisons et jonctions


Toute jonction entre des éléments ou des matériaux présente un point faible. Si elle n’est pas parfaitement calfeutrée, elle risque de provoquer des infiltrations. Chaque corps d’état doit s’assurer qu’il livre au suivant un support parfaitement étanche à l’air.

Les infiltrations au niveau des menuiseries extérieures sont les premières pointées du doigt. L’étanchéité fait intervenir trois corps de métier : le maçon, le menuisier et le plaquiste. Le maçon doit assurer une bonne planéité du support. Le menuisier assure l’étanchéité de la liaison en appui par une bande de mousse précomprimée imprégnée d’une résine. La bande est retournée en tableau sur une hauteur de 100mm. On peut également colmater avec du mastic extrudé. Une membrane est collée avec un adhésif sur la menuiserie et une grille polyester enduite dans la maçonnerie complète alors l’étanchéité. Les calfeutrements latéraux et supérieurs sont réalisés, soit pas une mousse imprégnée collée sur le gros œuvre ou sur le dormant, soit par un mastic d’une largeur de 5mm minimum appliqué côté extérieur sur le fond de joint, après la pose de la menuiserie.

Tous les raccords doivent se chevaucher largement ou être mis en compression pour assurer l’étanchéité.
Les coffres de volets roulants sont calfeutrés par une bande de mousse imprégnée ou un mastic sur les côtés et dans la partie haute du coffrre, pour éviter des déformations qui peuvent nuire aux manœuvres. Le plaquiste s’assurera du bon calfeutrement de la jonction entre l’isolant et la menuiserie. Le parement intérieur doit être inséré dans le chassis et jointoyé à sa périphérie.


Sol / Mur / Toiture


Lorsque l’étanchéité est assurée par une membrane, il faut veiller à ce que tous les recouvrements soient suffisants (10cm) entre les lés, mais aussi aux liaisons et aux jonctions. Ils doivent être fixés au mastic ou à l’adhésif. Dans le cas contraire, sous la pression du vent, l’air s’infiltre entre le mur et la membrane.
Au niveau du plancher bas, le maçon doit livrer une dalle parfaitement plane et assurer une pose soignée et continue du film protecteur des remontées capillaires. En isolation par l’intérieur, le plaquiste complètera l’étanchéité en posant un ruban en caoutchouc au droit de la liaison mur/plancher. Le pied du doublage isolant doit être soigneusement calfeutré.
A la liaison entre la toiture inclinée et le mur, le risque d’infiltration se situe entre le mur et le rampant. Outre la membrane d’étanchéité indépendante et continue, désormais obligatoire côté intérieur, le couvreur pose un écran de sous-toiture HPV qui contribue à l’étanchéité à l’air de l’ensemble.


Les traversées


Dans les combles, le système de membrane souple permet d’intégrer les câbles éléctriques, pieuvres et boitiers DCL de fixations de luminaires jusqu’à 10cm. Pour les luminaires intégrés, il faut respecter les consignes de ventilation données par le fabricant. En ce qui concerne les murs, la membrane tendue entre les ossatures donne moins de souplesse pour les intégrations. Toutefois, les boîtes d’encastrement courantes s’intègrent facilement. Il est indispensable de prévenir les futurs occupants de la présence de cette membrane pour limiter les risques d’interventions ultérieures de bricoleurs peu avertis.


Passage des câbles


Lorsque le passage des câbles est impossible « côté chaud », les fabricants proposent des passe-câbles à coller sur la membrane pour assurer.  Au niveau du parement intérieur, les prises de courant, boîtiers d’éclairage et interrupteurs doivent être étanchés avec un joint mastic souple pour éviter les fissures, ce qui n’est plus nécessaire lorsqu’un système, d’étanchéité à l’air a été mis en place. Toute traversée de la membrane d’étanchéoté doit être colmatée, soit par un manchon spécial, soit en confectionnant un manchon avec la membrane. Elle se découpe aux ciseaux et non au cutter pour avoir des découpes nettes. Pour parfaire l’étanchéité, une pièce est rapportée autour du conduit, puis collée au mastic sur la canalisation et à l’adhésif en périphérie.
Pour les conduits de cheminée, l’écart au feu doit être respecté. Le chevêtre doit être rempli d’un mortier incombustible comme indiqué dans le DTU 24.2. et la membrane est collée au mastic sur le chevêtre. En l’absence de membrane,  la traversée des conduits concerne le plombier, le plâtrier/plquiste et le chauffagiste, selon de type de conduit.
En traversée de paroi verticale, le plâtrier assurera l’étanchéité par un enduit sur les blocs béton ou les briques creuses. Le plombier installe un fourreau de protection ou injecte une mouse PU après avoir posé la canalisation. Côté intérieur, il pose un fond de joint recouvert d’un joint mastic acrylique. Côté extérieur, l’étanchéité est assurée par un fond de joint recouvert d’un mastic PU ou silicone.


Plancher Bas


La traversée en placher bas sur vide sanitaire est réalisé par le plombier et le plâtrier/plaquiste. Le plombier assure l’étanchéité entre le conduit et le plancher par un fourreau de protection, puis il rebouche les réservations par du béton ou du ciment, et il installe un joint mastic (éventuellement sur un fond de joint). Le plaquiste assure l’étanchéité de la cloison de la gaine technique par collage d’une bande adhésive en pied de cloison. Pour la traversée en toiture des conduits d’extraction d’air ou de fumées, l’étanchéité est réalisée par le plâtrier/plaquiste qui assure la mise en œuvre de la membrane d’étanchéité dans les combles. Le couvreur pose l’écran sous toiture avec un relevé au droit du conduit traversant et effectue un collage par une bande adhésive. Enfin, le chauffagiste assure l’étanchéité entre la couverture et le conduit d’extraction par la pose d’une collerette d’étanchéité et d’un joint mastic. Pour les conduits d’extraction de fumée, les écart au feu doivent être respectés.


L’isolation et l’étanchéité à l’air sont deux composantes de la performance thermique du bâti. La qualité de la mise en œuvre est primordiale pour atteindre les objectifs de la RT 2012.